2015-12-10. Il est difficile de donner un sens à certaines expressions françaises. Un journaliste écrit « conseiller principal » et il doit l’expliquer d’un mot anglais « senior » (Le Devoir, 10 décembre, p. 1). Mais il y a plus : les témoins ne réussissent pas à identifier les mots français à employer. Ainsi, un informateur influent affirme : « … quelqu’un de très intelligent, mais qui demeure un junior dans un poste de senior » (ibid, p. A 10). L’informateur n’a pas le réflexe d’employer « un jeune », « un débutant », « un nouveau collaborateur » ou même « un employé junior » dans le premier cas. Il ignore aussi qu’un poste de « senior » peut être, en français, un poste de chef, de coordonnateur, de dirigeant, de responsable, de supérieur, etc. Dans un cas comme dans l’autre, les solutions de rechange ne manquent pas. Mais, comme l’écrit, Alain Borer, l’englobish mène à la « dé-nomination » : « à la substitution pure et simple de mots anglo-saxons à des mots français disponibles de longue date » (De quel amour blessée; réflexions…; Gallimard, 2014, p. 41).
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