mercredi 1 avril 2026

Appréhender... un vélo? (2026)

2026-03-02. Peut-on «appréhender» un vélo, une auto, un camion ou encore un train routier? Les dictionnaires qui donnent des exemples d’utilisation du verbe font l’impasse sur des citations comme celles imaginées. Par exemple: appréhender un véhicule. Mais, on peut lire l'expression sous la plume de D. Lelièvre: «Plus tard, ils ont appréhendé le véhicule » (Le Journal de Québec, 28 février – 1er mars, p. 17). Selon les dictionnaires, on peut appréhender des malfaiteurs, la police peut appréhender un coupable ou un suspect et, dans un autre sens, on peut appréhender un examen. Mais peut-on vraiment appréhender des véhicules, des autocars ou des autobus, ou même des locomotives ? Au lieu de leurs conducteurs. Le glissement ou le dérapage semble risqué.

 

 

L'avenir ou le futur? (2026)

2026-03-03. On fait de moins en moins de distinction entre les deux notions de «futur» et d’«avenir» en français. L’anglais n’a qu’un seul mot («future»). Ce monopole tend à s’incruster en territoire francophone. Cela explique sans doute la manchette d’une page publicitaire de Vidéotron : «Le futur vous réserve un cadeau » (Le Journal de Québec, 3 mars, p. 9). L’Académie française fait valoir que l’’avenir’ « désigne une époque que connaîtront ceux qui vivent aujourd’hui, alors que ‘futur’ renvoie à un temps plus lointain, qui appartient aux générations qui nous suivront » et elle conclut : « Employer en ce sens ‘futur’ pour ‘avenir’ est un anglicisme qu’il convient de proscrire » (Dire, ne pas dire , 2025). Pour l’éviter ou le contourner, fixons le «futur» quelque part autour des années 2050 et 2060 et, d'ici là, profitons de l'avenir.

 

 

Le Royal 22e régiment ! (2026)

2026-03-04. Le trimestriel de l’Association pour le soutien et l’usage de la langue française (Asulf) publia en juin 2014 un article dont le titre est « À quand le 22e Régiment Royal? ». On y épinglait l’appellation franglaise, c’est-à-dire la traduction littérale ou malhabile de l’expression du roi Georges V : «… the 22nd Regiment […] will bear the following designation : Royal 22d Regiment» (L’Expression juste, no 57, 1e p.). À l’époque, le calque «Royal 22e régiment» s’est imposé comme traduction (!) de «Royal 22d Regiment». Depuis 1921, cette appellation franglaise exerce un monopole. En français correct, il faudrait dire : «22e Régiment royal ou «22e Régiment Royal». Mais l’appellation calquée est toujours à l’avant-scène, comme l’illustre la page publicitaire du «Musée Royal 22e Régiment» publiée dans le Journal de Québec (4 mars, p. 64).

 

Une soirée historique ! (2026)

2026-03-05. Le mot « historique » fait facilement les Unes et les manchettes. Comme les réceptions, les remises de médailles, les victoires et les défaites dans le domaine du sport, les tirages du domaine de l’édition. Tout devient historique en un tournemain. Ainsi, la 21e soirée-bénéfice Avant-première de l’International de l’auto est-elle qualifiée de « soirée historique pour la mobilité » (Le J. de Qc, 5 mars, p. 16). Le mot est tout à fait français. Il désigne ce qui est relatif à l’histoire, qui appartient à l’histoire ou qui est resté célèbre. Telle est l’énumération proposée par François D’Apollonia (Le Petit dictionnaire des québécismes; 2010). Il propose les équivalents « inégalé » et « sans précédent ». L’Académie française publie une remarque semblable (Dire, ne pas dire; 2025). Il y a aussi le mot « remarquable ». Mais le panache d’«historique» en fait une vedette!

 

Appréhender... un vélo? (2026)

2026-03-02. Peut-on « appréhende r» un vélo, une auto, un camion ou encore un train routier? Les dictionnaires qui donnent des exemples d’...