2026-02-01. Le Multi dictionnaire précise au sujet de la tournure «dans le cadre de…» : «Au sens de ‘à l’occasion de’, l’emploi de la locution est critiqué par certains auteurs, mais il est […] passé dans l’usage ». Si le Multi était un usuel comme le sont Le Robert ou le Larousse, la constatation serait acceptable. Mais le Multi est aussi un dictionnaire correctif : on y signale 1100 formes fautives et 900 mots anglais que les écrivants francophones pourraient et devraient contourner. Il serait normal qu’on y trouve une note du genre : «Dans le cadre de. Dans les limites de, à l’intérieur de […], à l’occasion de. Expression déconseillée. On peut tourner autrement » (Dictionnaire Bordas des pièges et difficultés… / Jean Girodet). Voici le passage à la source du billet : «… arrêtés à Minneapolis dans le cadre d’une opération…» (Le Devoir : Courrier du soir, 1er février, 19 h 5).
dimanche 1 mars 2026
Peut-on déployer un militaire ? (2026)
2026-02-02. Peut-on écrire « Un jeune artilleur perd la vie lors de son premier déploiement… »? comme on le fait dans le Journal de Québec (2 février, p. 14). La première phrase de l’article se déroule d’une manière identique : « Lors de son premier déploiement… ». Or, selon Guy Bertrand, grammairien de Radio-Canada, on ne pourrait pas déployer une seule personne. De fait, question de langue, on ne peut déployer un médecin quelque part, mais on pourrait y déployer une équipe. Le grammairien précise : « Déployer, c’est envoyer un groupe de personnes pour couvrir un territoire donné. Par exemple, une armée peut déployer des troupes en territoire ennemi, on peut déployer des médecins […] On ne peut pas ‘déployer’ une seule personne » (Le français au micro; 2025). Mais on aurait pu lui confier un premier mandat.
Circulaire (2026)
2026-02-03. Les consommateurs québécois sont sans doute comblés de joie en recevant publicité des épiceries Métro (plutôt Metro) grâce au courrier électronique. Cette semaine, on y lit : « En grande primeur / votre circulaire de jeudi » (3 février,18 h 14). Une circulaire? C’est avant tout une lettre d’information administrative destinée à des groupes de citoyens. Cela vaut pour les francophones. L’équivalent anglais « circular » désigne aussi, mais en plus, les feuillets, les cahiers, les dossiers publicitaires distribués aux consommateurs par les soins d’agences privées, par les services postaux de l’État ou même par leur insertion dans des périodiques. Les équivalents déjà évoqués à l’impropre « circulaire » (feuillet, cahier…) et d’autres (catalogue, dépliant, prospectus… ) pourraient être placés en vitrine et sous les réflecteurs.
Pee-wee (2026)
2026-02-04. Le tournoi de hockey peewee de Québec, le 66e, aura lieu du 11 au 22 février. De fait la manchette du Journal de Québec se lit ainsi : « Venez vivre la 66e édition du tournoi pee-wee …» (4 février, p. 14). Les dictionnaires ont relevé le mot en 1973. Il serait apparu dans la région de Rivière-à-Pierre et signifierait «petit bout de rang». Si on ose (!) poser la question à Google, la réponse instantanée est la suivante : «L'usage du terme "Pee-Wee" […] "un petit bout de rang" ; Premier lac Pioui (jadis désigné "Lac Pee Wee"), situé dans la municipalité de Rivière-à-Pierre…». Mais il y a loin du lac Pee-wee ou Pioui au tournoi de hockey des petits bouts de chou d'une douzaine d'années.
Team building (2026)
2026-02-05. L’entreprise se nomme PPS Canada, mais elle semble active surtout au Québec et à Ottawa. Son siège social est situé à Sorel-Tracy. Elle se spécialise dans l’enseignement et la pratique du «team building». Elle « arrose » ses clients potentiels d’un prospectus publicitaire dans lequel l’expression anglaise exerce un monopole absolu (courriel diffusé à 8 h 28 le 4 février). On l’emploie dix fois sans parvenir à lui trouver un équivalent français. Pourtant on connaît les expressions «esprit d’équipe», «esprit de groupe», «esprit de corps, «esprit de collaboration» … L’effort à faire pour trouver, dans sa propre langue, les mots dont on a besoin, néologismes, mots rares ou oubliés, n’est-il pas une activité passionnante, stimulante et roborative? plutôt que ringarde!
Fière de supporter des athlètes (2026)
2026-02-06. Jacques Lafontaine, ancien directeur de la révision linguistique des publications de Québecor, écrit à propos du verbe «supporter» : «Supporter un candidat et […] un projet (au sens de le financer) sont … des anglicismes. Dans ces expressions, on remplacera le verbe ‘supporter’ par ‘appuyer’ (un candidat) et ‘financer’ un projet » (Les mots dits; 350 trucs … ; Éditions du Journal, 2016, p. 19). Cela fait dix ans. Pourtant, on lit encore dans le quotidien du groupe la manchette « La Fondation Nordiques est fière de supporter nos athlètes…» et la phrase «La Fondation […] est fière de supporter les athlètes-étudiants…» (Le J. de Qc, 6 février, p. 16). Qui a raison? Le grammairien ou le rédacteur de l’entrefilet? Interrogeons le Multi dictionnaire. Qu’y lit-on? «Supporter […] Formes fautives […] supporter (un candidat). Anglicisme au sens de appuyer, soutenir». Somme toute, il faudra écrire dorénavant : «appuyer» ou «financer» les athlètes.
Décéder ou mourir ? (2026)
2026-02-07. Le verbe «mourir» se meurt-il sous les coups de boutoir de «décéder»? Il y trois quarts de siècle, le professeur Jean Darbelnet nota à propos de ce dernier : «Décéder […] n’est pas interchangeable avec ‘mourir’. […] ne se dit pas d’une mort violente ou accidentelle » (Dictionnaire des particularités de l’usage). F. Deshaies, porte-parole de la Sûreté nationale, observe : «… la conduite avec les facultés affaiblies demeure l’une des principales causes de collision entrainant des blessures graves ou des décès » (Le Journal de Québec, 7-8 février, p. 41). Il semble que la mise au ban du mot se vit aussi outre-Atlantique : «… la France! On n’y meurt plus : on y ‘décède’ […] l’emploi de ‘mourir’ passe pour incongru; aussi est-il verbalement mort, du moins ‘en phase terminale de vie’» (A. Gilder, Les mots traîtres, 2025). La mode ou le snobisme veulent qu’on « décède » dans un accident!
Oeuvrer pour la Sûreté du Québec ! (2026)
2026-02-08. Jacques Capelovici constate que le verbe « œuvrer » connaît la faveur des beaux esprits. C’était en 1992 cependant (Guide du français correct). Trente-cinq ans plus tard, on retrouve l’expression dans la légende d’une photo : « Dany Lafleur alors qu’elle oeuvrait pour la Sûreté du Québec » (Le Journal de Québec, 7-8 février, p. 46). Jean Darbelnet (1904-1990) fait une mise en garde à propos du verbe : « Parfois employé abusivement au sens de travailler pour gagner sa vie, ‘œuvrer’ est un terme noble qui s’applique à l’oeuvre, aux réalisations que l’on poursuit pour promouvoir un idéal […]. Mais un travailleur n’œuvre pas là où il reçoit son salaire, il y travaille » (Dictionnaire des particularités de l’usage; 1986). C’est dire que la policière Lafleur travaillait pour la Sûreté. Tout simplement.
La belle température! (2026)
2026-02-09. Le journaliste Nicolas Saint-Pierre ne fait pas la distinction entre les notions de «temps», de «température» et de «météo». Il écrit « On a eu une belle météo d’hiver…» et «La belle température semble donc….» (Le Journal de Québec, 9 février, p. 3). Il est abusif de désigner le temps qu’il fait ou qu’il fera par le substantif «météo». L’Académie française met les locuteurs en garde contre la confusion entre la météo ou la météorologie, la discipline, et le temps qu’il fait ou qu’il fera. (Dire, ne pas dire; 2025). De surcroit, on ne peut qualifier la température de ‘belle’ alors qu’il est normal de dire «nice weather» en anglais. Une vieille note de la Presse canadienne (2006) proclame : «On ne peut parler de ‘mauvaise température’ mais de ‘mauvais temps’».
Liberté académique ? (2026)
2026-02-10. La francophonie nord-américaine s’abreuve aux pratiques de la langue anglaise. Aussi, l’expression «academic freedom» devient-elle naturellement «liberté académique». Une illustration du phénomène apparaît dans la lettre ouverte d’une administratrice de la Fédération nationale des enseignantes … : « À quoi sert la loi […] sur la liberté académique…?» (Le J. de Qc, 10 février, p. 22). Un petit détour par le Multi dictionnaire… (2021) aurait alerté l’auteure de la citation : « Académique. Formes fautives :… liberté académique. Calque de ‘academic freedom’ pour ‘liberté de l’enseignement, liberté universitaire ». L’ancien correcteur en chef des Éditions du Journal épingle l’anglicisme sémantique (Les mots dits; 2016). À la prochaine occasion, il faudra écrire : liberté de l’enseignement ou…
Bagel ou baguel? (2026)
2026-02-11. Le Journal de Québec présente à ses lecteurs la manchette : «Sophie Nélisse en visite chez St-Viateur Bagel» et la photo d’un « gaminet » ou «t-shirt» portant la raison sociale St-Viateur Bagel» (10 février, p. 34). À l’extérieur de la Métropole ou en zone francophone, on prononce «baguel» sur le modèle de «baguette» et non sur celui d’«antigel» ou de «dégel». Le Nouveau Petit Robert (2007) présente les deux prononciations sans privilégier celle qui correspond à la graphie française ou francisée, «b.a.g.u.e.l». Cependant, l’Office québécois de la langue… fait ce pas et recommande «baguel» et en fait le titre de l’article sur le sujet. Quelques dictionnaires «entérinent» cette option (Hachette, Grand dictionnaire terminologique). La généralisation de la graphie la plus fidèle à la prononciation «baguel» n’est pas encore assurée complètement.
Un bénéficiaire ? (2026)
2026-02-13. En quoi le patient d’une résidence pour aînés est-il un bénéficiaire? La question qui suit se pose à la lecture d’un article portant sur une résidence pour personnes âgées de la Beauce. Le titre en est « Un préposé aux bénéficiaires évite la prison » et on y lit les deux extraits suivants : « Un préposé aux bénéficiaires pris sur le fait… » et « Le préposé aux bénéficiaires s’occupait notamment de … » (Le Journal de Québec, 12 février 2026, p. 3). Oublions pour le moment le fait qu’un préposé s’occupe de fonctions ou de tâches, mais non de personnes. Attardons-nous à « bénéficiaires » et alignons une citation du docteur Serge Quérin : « Un ‘bénéficiaire' est quelqu’un qui profite d’un bénéfice, d’un avantage. Il est peu charitable de qualifier de la sorte un ‘malade’ ou un ‘patient’» (Dictionnaire des difficultés du français médical; 2006). Ne devrions-nous pas parler d’«aides-soignants?
Une game de ping-pong (2026)
2026-02-15. Les Québécois emploient des mots anglais auxquels ils donnent à l’occasion un sens péjoratif. Le mot «game» en est un. On peut lire dans un quotidien de la fin de semaine : «la ‘game’ de ping-pong entre le fédéral et le provincial, c’est assez! ». La citation est de Frédérik Boisvert de la Fédération des Chambres de commerce du Québec (Le J. de Qc, 14-15 février, p. 3). Le mot «game» est épinglé dans les usuels correctifs d’ici, mais plus que rarement dans ceux d’origine européenne. On le relève dans un répertoire signé par A. Gilder en 1999 (En vrai français dans le texte) et son emploi y est attribué au Québec. De fait, Victor Barbeau l’inscrit dans un liste publiée en 1939 (Le français du Canada). Le mot a ses lettres de noblesse! pourrait-on dire.
Des items ? (2026)
2026-02-16. Le mot latin «item» nous vient par l’intermédiaire de l’anglais. Une illustration ? Le Nouveau Petit Robert lui consacre deux lignes alors que le Grand Robert & Collins anglais-français lui en accorde dix-huit. Robert Dubuc juge que le mot n’appartient pas à la langue générale et que les sens qu’on lui donne n’ont rien à voir avec ceux d’objet, d’article ou de rubrique (Au plaisir des mots, 2008). Guy Bertrand note qu’il est considéré comme un anglicisme lorsqu’on l’emploie dans le sens d’élément, d’unité, de produit ou d’article » (Le français au micro, 2025). Un avis du Multi dictionnaire est aussi péremptoire : «Item…. [empr. dir. à l’angl. : en français standard, le mot ‘item’ est réservé à la langue spécialisée… ]». On lit pourtant «Grosse saisie de coke, d'argent et d'items des Hells» dans Votre lettre du lundi (Quebecormedia.com, 16 février 2026, 18 h 27). Aurait-on dû écrire : «... et d’articles des Hells»?
Des résidents relocalisés ! (2026)
2026-02-17. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le journaliste manque de doigté. Des travaux auraient forcé des résidents «à être relocalisés», une dame «a été relocalisée» et une dizaine d’employés l’auraient également été (Le Journal de Québec, 17 janvier, p. 15). On relocalise des entreprises, des services administratifs, un siège social, mais on se garde habituellement de relocaliser des personnes même si cela arrive. On les mute, on les déplace ou on les loge plutôt dans de nouveaux locaux. À noter qu’on mute un ou des employés ou qu’on se garde d’en délocaliser individuellement. Les exemples alignés par les dictionnaires évitent une telle possibilité encore qu’on puisse relocaliser ou délocaliser une équipe ou un groupe de travailleurs.
Partager des photos (2026)
2026-02-18. Les Éditions du Journal (de
Québec ont publié, il y a maintenant dix ans, un recueil de chroniques parues
de 2013 à 2016 dans les deux quotidiens et signées Jacques Lafontaine, à
l’époque directeur de la révision linguistique des deux journaux. On y trouve
une remarque que les journalistes du groupe devraient relire à l’occasion : «…
le verbe ‘partager’ […] ne peut pas être employé dans le sens de
communiquer » (Les mots dits; Éditions du Journal, 2016, p. 24). Pourtant, on
ne semble pas en tenir compte. Les lecteurs peuvent lire dans le numéro du
jour, sous la plume de Vincent Desbiens : «’Le SPVQ a partagé deux photos des
suspects …» (Le J. de Qc, 18 février, p. .
L’auteur de l’article aurait dû écrire : «… a publié…» ou «… a diffusé deux
photos du suspect » si la règle d’écriture évoquée par l’ancien réviseur en
chef s’applique encore.
Merveille! un pont d'étagement (2026)
2026-02-19. En Europe, on a des ponts métalliques, des ponts suspendus, des ponts routiers ou autoroutiers, mais on n’y trouve pas de ponts d’étagement. Les Québécois ont importé les «overpasses» américaines et les ont baptisées de l’expression «ponts d’étagement». L’expression s’est imposée ici, mais elle ne semble pas avoir pris place dans les dictionnaires usuels. Il y a sans doute une certaine réticence à l’utiliser, tant de la part des locuteurs que des journalistes. On rapporte toutefois les paroles du maire de Québec : «Du pont d’étagement [dans Lebourgneuf] pour lequel…» (Le Journal de Québec, 18 février, p. 2). On répète l’expression sans se rendre compte le l’incongruité : un pont peut être à deux étages ou davantage, comme une maison ou un immeuble. Mais on n’a pas pour autant de «maison d’étagement»!
... le noir total, a-t-il partagé (2026)
2026-02-21. La journaliste D. Tremblay rapporte la phrase d’un homme victime d’un infarctus : «’Je me suis assis devant mon casier […]. Après, ce fut le noir total, a-t-il partagé… ’» (Le Journal de Québec, 20 février, p. 3). L’expression « a-t-il partagé » est critiquable et elle est même critiquée par un ancien correcteur du Journal, Jacques Lafontaine. Ce dernier écrit : « … le verbe ‘partager’, qui veut dire […] ‘répartir’, ‘donner une partie ce de qu’on a’, ‘compatir’ ou ‘séparer en deux’… ne peut pas être employé dans le sens de communiquer » (Les mots dits; Éditions du Journal, 2016, p. 24). La consultation du recueil du réviseur de la maison aurait surement amené l’auteur de l’article à écrire : «a-t-il révélé», «a-t-il affirmé», «a-t-il constaté» ou même «a-t-il dit».
Futur ou avenir? (2026)
2026-02-22. On a de la difficulté à faire la distinction entre les substantifs «futur» et «avenir» au Québec. Un billet de l’Académie française précise : «’Avenir’ désigne une époque que connaîtront ceux qui vivent aujourd’hui […] ‘futur’ renvoie à un temps plus lointain, qui appartiendra aux générations qui nous suivront. Employer en ce sens ‘futur’, au lieu d’’avenir’, est un anglicisme à proscrire » (Dire, ne pas dire…; 2025). Jean Darbelnet fit une remarque semblable il y a quarante ans : «De plus en plus on entend et on lit ‘le futur’ au sens de l’avenir […] Il faut dire ‘dans l’avenir’ et non ‘dans le futur’» (Dictionnaire des particularités de l’usage; 1986). En somme, le Soleil succombe à un anglicisme en présentant la manchette : «Le futur de l’alimentation passe-t-il par les centres de liquidation?» (21 février 2026, 6 h 6). Même le Multi dictionnaire l’épingle.
«Entrer en vigueur» (2026)
2026-02-24. La question peut être jugée oiseuse. Mais on peut quand même la poser en dilettante : est-ce qu’une décision peut entrer en vigueur? Je me pose la question à la lecture d’un article de Taïeb Moalla. Il écrit : «… la décision n’entrera en vigueur que pour la saison 2026-2027 » (Journal de Québec, 23 février, p. 11). Il me semble qu’il y aurait lieu de caractériser la décision. D’une manière générale, une décision ne peut être appliquée de soi, mise à exécution ou même mise en vigueur. Le processus suivra son cours. Les négociations et les compromis mèneront aux crédits que les élus ajusteront et adopteront au cours du processus. Des compromis seront adoptés, mais on peut douter de l’«entrée en vigueur» de la décision! Je lance une proposition : … la décision sera appliquée…
Fake news (2026)
«Fake news» occupe une place importante dans l’actualité depuis son utilisation par le président des États-Unis. Même le caricaturiste Godin du Devoir s’en sert pour illustrer ses multiples «talents». On trouve dans la caricature l’explication «Trump et les ovnis : deux mystères enfin élucidés» et un personnage qui enlève son chapeau en s’exclamant «Fake news!» (Le Devoir, 25 février, p. A6). Le caricaturiste est justifié d’employer les mots anglais, car il y a toutes les chances que le président les ait prononcées de préférence aux équivalents français «faux», «infox» ou «fallace». Et beaucoup d’autres proposés par l’Académie : bobard, ragot, boniment, contre-vérité, fausses informations, information fallacieuse…. C’est dire que Godin aurait pu glisser des mots français, comme «infox» ou «fallace» dans sa caricature, au profit des lecteurs du quotidien.
Une athlète de cheerleading ! (2026)
2026-02-27. On lit dans le Journal de Québec, sous la plume de P.-P. Biron : « une athlète de cheerleading… » (25 février, p. 10). L’américanisme n’est pas facile à remplacer. Il fait parti du décor québécois. Il y a pourtant des solutions de rechange. On rencontre par exemple : meneur et meneuse (Le Grand Robert & Collins; Dictionnaire québécois-français, etc.), meneur et meneuse de claque (Jacques Laurin : Les américanismes; Camil Chouinard : 1500 pièges du français…). Pour sa part, Paul Roux indique que l’Office propose ‘meneuse de claque’ ou ‘meneuse de ban’ (Lexique des difficultés du français; 2004). Comme Chouinard le souligne, le mot «claque» a une longue histoire en pays laurentien : depuis deux siècles, il désigne les personnes payées pour applaudir un spectacle ou un orateur (1500 pièges…). À la prochaine occasion, on pourrait donc parler d’une 'meneuse de claque' et non d’une ‘athlète de cheerleading’.
Récipiendaires d'une bourse! (2026)
2026-02-28. Le linguiste Gérard Dagenais n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il écrit «Appeler ‘récipiendaire’ quelqu’un qui reçoit quelque chose, c’est commettre un barbarisme» (Dictionnaire des difficultés…; 1967). Ce pourrait être ce que fait la Fondation Nordiques quand elle annonce : «Félicitations à nos athlètes-étudiants récipiendaires d’une bourse … » (Le Journal de Québec, 28 février-1er mars, p. 86). Qu’est-ce qu’un récipiendaire? Jean Girodet répond : «… celui qui est reçu dans une société, une compagnie […] Ne doit pas désigner celui qui reçoit un diplôme, une nomination, une récompense, etc.» (Dictionnaire des pièges et difficultés de la langue française). Le Multi dictionnaire (2021) remarque de son côté : « Pour désigner la personne qui gagne un prix, un concours, on emploiera plutôt ‘gagnant, lauréat’». Mais « récipiendaire » en impose par sa majestueuse longueur!
Appréhender... un vélo? (2026)
2026-03-02. Peut-on « appréhende r» un vélo, une auto, un camion ou encore un train routier? Les dictionnaires qui donnent des exemples d’...
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2025-09-19. Jusqu’à maintenant, l’expression « fling flang » n’a pas obtenu la moindre place dans les dictionnaires tant d’usage que correct...
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2025-11-27. Le sur-titre « ’Fling-flang’ au PLQ» précède la manchette «L’Upac rencontre Marwah Rizqy» à la Une du Journal de Québec (27 nov...
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2025-06-01. Monsieur Claude Villeneuve, chef de l’opposition au conseil municipal de Québec, utilise une expression anglaise quand il s’agit...