mercredi 6 mai 2026

La ligne de parti (2026)

2026-04-03. La Société du patrimoine politique du Québec annonce une conférence intitulée «La ligne de parti de la Confédération à nos jours ». L’expression «ligne de parti» se rendrait en principe par « discipline de parti » . Deux lexiques publiés par le Bureau des traductions (Le langage parlementaire, 1989, et Activité parlementaire, 1982) traduit «party line» par «discipline de parti», sans plus. Un lexique rédigé à l’Assemblée nationale va au-delà. On y lit d’abord une définition puis l’équivalent en français : «Position commune imposée aux membres d’un parti politique, ou d’un groupe parlementaire. […] Au Québec, on emploie parfois l’anglicisme ‘ligne de parti’» (Lexique des termes parlementaires en usage en Belgique, en France et au Québec; 1986). Dans l’ensemble, les avis semblent diverger. Pour sa part, Lionel Meney écrit : «L’ang. dit ‘party line’; en français standard, on dit : ‘être dans la ligne du parti’, ‘suivre la ligne du parti’ 😊agir conformément à son orthodoxie)» (Dictionnaire québécois-français; 1999). Bref, on a quand même un équivalent : discipline de parti.

Un narratif! (2026)

2026-04-04. Monsieur Bonnardel «avait le narratif»! Le Journal de Québec reproduit sa phrase : «Ma blonde … m’a aidé à me préparer […] J’avais le narratif, mais elle me disait ‘non, on recommence’» (Le Journal de Québec, 4-5 avril, p. 8, 4e col.). L’emploi du mot comme substantif est inhabituel. Les dictionnaires d’usage n’en donnent pas d’exemples. Mais on en aligne lorsqu'on l’utilise comme adjectif : élément narratif, histoire narrative, schéma narratif, style narratif, etc. Par contre, l’anglais offre le substantif «narrative» et de son sens «récit, narration». On peut donc faire l’hypothèse que le député Bonnardel a intégré l’expression anglaise tout en la francisant et en la masculinisant : «le narratif». Il aurait pourtant été plus naturel et plus simple de dire : «… j’avais les mots qu'il fallait».

 

Dès ou À partir de... ? (2026)

 2026-04-05. Bernard Cerquiglini entame plusieurs de ses billets linguistiques par le slogan « Ne craignons pas d’être un peu puriste; à bon escient du moins ». C’est le cas précisément de celui portant sur la préposition « dès ». Il écrit : « Pour désigner le moment […] où une action a commencé, on peut utiliser ‘à partir de’ ou ‘depuis’ […] On emploie également la préposition ‘dès’. Celle-ci toutefois apporte une nuance supplémentaire intéressante : elle indique la précocité de l’action considérée » (Merci professeur! Chroniques savoureuses…; Paris : Bayard, 2008, p. 119). La précocité de l’action! précise-t-on. Considérons maintenant la phrase « La cause sera entendue en août prochain, avec possibilité de libération conditionnelle totale dès janvier 2027…» (Isabelle Maréchal, Le Journal de Québec, 4-5 avril, p. 30). La préposition « dès » n’aurait-elle pas dû être remplacée par « à compter de janvier » ou « à partir de janvier »? À chacun de donner son avis.

Duh! (2026)

2026-04-06. Le chroniqueur Richard Martineau vient d’importer des États-Unis une nouvelle interjection : «Duh» Cette dernière suit la phrase : « On se demande pourquoi autant de gens sont stressés, déprimés, dépressifs. Duh.» Un correspondant m’informe qu’elle viendrait de la populaire émission sur les Simpsons. Un des personnages, Homer, la répèterait sans cesse : Duh! ou Dah! En français québécois populaire, on dirait quelque chose comme «Bin quoi!». On me fait remarquer par ailleurs que Gaston La Gaffe s’écrierait dans une circonstance semblable : «M’enfin!». L’interjection anglaise est présente dans les répertoires électroniques… de langue anglaise. Jean Forest l’ignore dans la courte liste qu’il a établie d’environ 350 exclamations courantes au Québec et d’inspiration américaine (dans le Grand Glossaire des anglicismes..; 2008). Et il note que les Québécois en emploient peu qui seraient d'origine française.

À Mexico ou à Mexico city? (2026)

2026-04-07. Il existe deux toponymes en français pour désigner d’une part la ville capitale, Mexico, et d’autre part le pays, le Mexique. On peut donc passer deux semaines au Mexique et trois jours à Mexico. C’est clair. En espagnol, on dirait : «en Mexico» et «a Mexico»; et, en anglais, : «in Mexico» et «in Mexico city» ou «in Mexico D.F.» (distrito federal). Ceci dit, le journaliste Jérémy Bernier est-il justifié d’écrire «Mexico city»? dans la phrase : « Hugo Masson-Montminy a été vu pour la dernière fois le 26 mars dernier à Mexico City»? (Le Journal de Québec, 7 avril,11 h 4). Les lecteurs francophones comprennent spontanément : «à Mexico», donc dans la ville, dans la capitale. Si on avait voulu indiquer le pays, on aurait écrit «au Mexique». Une option semblable existe pour le Guatémala, la ville ou le pays. En somme, «à Guatémala» (comme à «à Mexico») signifie déjà dans la capitale, dans la ville.

Une canne (!) de sirop (2026)

2026-04-08. Le Courrier du soir du Devoir emploie l’expression «cannes de sirop d’érable» (8 avril, 19 h 52). L’attitude des auteurs de dictionnaires varie beaucoup de l’un à l’autre face au mot «canne». François D’Apollonia identifie «canisse» et «cannage» mais néglige «canne» (Le Petit dictionnaire des québécismes). Le Petit Robert l’ignore lui aussi, mais reconnaît les voisins «canette» ou «cannette» et précise son origine : «… de l’anglais ‘can’». Le Colpron ou Dictionnaire des anglicismes (1999) l’épingle également et propose son remplacement par «boîte, canette ou cannette». De son côté, Lionel Meney (Dictionnaire québécois-français; 1999) l’inscrit dans la lignée de l’ancien français et constate sa présence dans le vocabulaire anglais. Marie-Éva de Villers le classe dans la catégorie des «formes fautives» et des anglicismes lorsqu’on lui donne le sens de «canette» ou de «boîte de conserve».

Dans un dépanneur ! (2026)

2026-04-09. Une manchette exemplaire : « Incendie criminel dans un dépanneur » (Le Journal de Québec, 9 avril, p. 10). Au premier regard, elle est correcte. Mais essayons de l’étendre à d’autres secteurs : « incendie criminel dans un épicier», «… dans un pharmacien», «… dans un restaurateur », etc. On récusera illico ces locutions et on s’entendra sur les tournures : « dans une épicerie, … dans une pharmacie, dans un restaurant». Et jamais «dans un pharmacien ou dans une pharmacienne, jamais dans un épicier… L’expression modèle « dans un dépanneur » est tout à fait déjantée par rapport aux exemples alignés. Le dérapage s’explique sans doute par l’urgence observée à l’époque, au cours des années 1980, de dénicher rapidement un équivalent à «convenience store». On connaissait la fonction de «dépanneur», on ne semble pas avoir imaginé la « dépannerie! », la petite épicerie ou l’épicerie du coin, la supérette à la française.

Pension provinciale (2026)

 2026-04-10. Les Caisses Desjardins devraient uniformiser certaines lignes des relevés de compte mensuel qu’elles acheminent à leurs sociétaires (le plus récent, 31 mars). Pour les prestations du Québec, on écrit : « Pension provinciale : RRQ RETRAITE QUÉBEC » et « Pension provinciale /RETRAITE QUÉBEC SECTEUR PUBLIC ». Pour celles en provenance d’Ottawa, on utilise « Sécurité de la vieillesse / CANADA ». Les inscriptions québécoises sont inutilement redondantes « Pension provinciale » et «[…] Québec » . On n’écrit pas d’ailleurs : « Pension fédérale : Sécurité de la vieillesse / CANADA ». Voudrait-on une seconde raison? Le qualificatif « provincial » a souvent un sens péjoratif («cela fait province»!) et pourrait même être jugé impropre dans le cas des Québécois. Mais les Caisses n’ont pas à entériner ce fait. L’important est d’étudier la possibilité d’uniformiser les expressions employées.

Tournures: En support à ... (2026)

2026-04-11. Les formes fautives épinglées dans le Multi dictionnaire… (7e édition, 2021) ne devraient pas apparaître, en principe, dans la publicité courante des universités québécoises. Le Multi en aligne plus d’un millier en 2021. Aussi peut-on être désemparé en apercevant le mot « support » dans une page publicitaire de l’Université Laval. On y lit : « Cérémonie de remise de bourses : […] En support à nos étudiantes et étudiants…» (Journal de Québec ,11-12 avril, p. 25). Si les publicitaires de l’Université avaient jeté un coup d’œil au Multi, ils y auraient lu «support. Anglicisme au sens de ‘soutien, appui, […] aide». Jean Darbelnet (1904-1990), professeur de l’Université, écrit : « support (n.m.) Désigne un objet qui en supporte un autre. N’a jamais le sens d’appui moral » (Dictionnaire des particularités de l’usage; 1986). Une suggestion pour l’avenir : «En aide à nos étudiantes…».

Un breuvage! (2026)

2026-04-13. Le Groupe Geloso et nombre de Québécois ignorent le vrai sens du mot « breuvage » : « Médicament, philtre » selon le Multi dictionnaire de la langue… (2021). Le Petit Robert, de son côté, le définit comme une « boisson d’une composition spéciale ou ayant une vertu particulière », avant de préciser : « anglicisme (au Canada), sous l’influence de l’anglais ‘beverage’) VIEILLI Boisson non alcoolisée ». Il y aurait tout lieu de remplacer le mot par « boisson » surtout qu’il évoque, comme le note Jean Darbelnet (1904-1990), l’art vétérinaire ou les contes de fée et même un goût qui n’est pas agréable (Dictionnaire des particularités de l’usage; 1986, p. 37). On pourra peut-être exciper du fait qu’en Amérique du Nord le mot «boisson» signifia «alcool» dans le passé. En 1978, Louis-P. Béguin nota : «Si ‘breuvages’ commence à disparaître, et que ‘boissons gazeuses’ enfin trouve sa juste place…» (Problèmes de langage…; 1978). Aujourd’hui, le Groupe ... emploie, dans une page publicitaire, trois fois le mot «breuvage» sans se méfier! (Le Journal de Québec, 13 avril, p. 19).

Tournures: Dans le cadre de... (2026)

2026-04-14. L’expression « dans le cadre de… » est devenue un tic de langage. On l’utilise à bon escient à l’occasion : dans le cadre de ses fonctions, dans le cadre de la loi, dans le cadre du congrès. Mais les dérapages sont fort nombreux : dans le cadre de sa déclaration, dans le cadre des discussions, dans le cadre de l’incident, etc. Et même celui-ci, relevé dans le Journal de Québec : « Dans le cadre de son litige avec le fisc … » (Jean-François Cloutier, Le Journal …, 14 avril, p. 3). On pourrait faire pis : « dans le cadre de l’engueulade », « dans le cadre de la prise de bec », « dans le cadre de l’échauffourée », « dans le cadre de la razzia », « dans le cadre de la manifestation » … L’expression employée dans de tels exemples (imaginées ici) serait passée dans l’usage selon le Multi dictionnaire de la langue. C’est fort possible. Mais le phénomène gomme une nuance : activité prévue et annoncée d’une part, activité impromptue ou spontanée d’autre part.

Distinguer Avenir et Futur (2026)

2026-04-16. L’astronaute Jeremy Hansen aurait déclaré au retour de son épopée lunaire « Ça m'a apporté […] de l'espoir pour notre futur » (Journal de Québec : la Une du soir, 16 avril, 20 h 7). En principe, le « futur » est une époque que les générations actuelles ne connaîtront pas. Cependant, des scientifiques, des futurologues s’efforcent d’en imaginer la nature et les contours. Les rédacteurs du Petit Robert précisent : « Sous l’influence de l’anglais ‘future’ ce mot est abusivement employé pour ‘avenir’ ». Dans l’usage courant sans doute! On peut supposer que Hansen a prononcé la phrase en anglais. Et donc : «for our future». Rendre l’expression par « notre futur » pourrait signifier à la fois « pour les années qui viennent, celles que les générations actuelles vivront » ou «que les vivants actuels, nos contemporains, ne connaîtront pas ». En somme, « pour l’avenir » immédiat ou « pour le futur » lointain ?

Tournures: Parler des deux côtés de la bouche (2026)

2026-04-18. Il faut en savoir gré au chroniqueur Richard Martineau de défendre bec et ongles le français. Faudrait-il pour cela ne pas le critiquer quand il cède aux charmes (!) d’une expression franglaise? Il utilise sans doute sans se méfier celle-ci : «… parler des deux côtés de la bouche ». Citons ces quelques lignes de son cru : «: … le gouvernement peut-il […] arrêter de parler des deux côtés de la bouche? » (Le Journal de Québec, 18-19 avril, p. 6, 3e col.). S’il a quelques minutes de loisir, on lui conseillera la lecture des observations de Michel Parmentier, professeur de l’Université de Sherbrooke, sur le sujet. Le spécialiste affirme que l’expression est une traduction calquée et malhabile de la tournure anglaise «to speak on both sides of one’s mouth», tournure rendue en français par « tenir un double langage » (Dictionnaire des expressions et tournures calquées sur l’anglais; Québec : PUL, 2006). En revanche, la banque des expressions populaires (www.expression.fr) l’ignore encore en 2026!

Une taxe de bienvenue (2026)

2026-04-19. Le Journal de Québec fait preuve de prudence. On y écrit en titre d'un article signé Patrick Bellerose: « La 'taxe de bienvenue' sera remboursée... » (18-19 avril, p. 16). L'expression est guillemetée et reprise à trois occasions dans le texte. Elle est un calque simpliste de l'anglais « welcome tax ». Telle est du moins l'avis du Multi dictionnaire (7e éd., 2021), lequel l’épingle sous la manchette « Formes fautives ». C’est on ne peut plus clair. Il y aurait lieu de dire « droits de mutation » ou « taxe de transmission ». Mais le passé garde la trace d’une 'taxe de bienvenue' versée au seigneur lorsqu'on venait s'installer dans sa seigneurie et qu’on s’y mariait (Dictionnaire québécois-français; 1999). De plus, une croyance populaire voudrait que cette taxe fût nommée ainsi, par ironie a-t-on écrit, en souvenir du ministre Jean Bienvenue qu’on suppose à tort avoir été le parrain du projet de loi.

 

Tourisme durable (2026)

 2026-04-22. L’organisme Destination Québec cité, qu’on pourrait se contenter d’appeler Destination Québec, compte miser sur le «tourisme durable» (Le Journal de Québec, 21 avril, p. 11). Durable? Est-ce à dire, comme le Multi dictionnaire de la langue française (2021) définit l’expression, «qui doit durer longtemps, stable»? Il semble bien que Destination Québec va bien au-delà. On lit dans le reportage les extraits suivants : « un modèle de tourisme durable permettant de préserver l’attractivité… », «notre modèle touristique doit devenir plus durable et responsable… » et « attractivité durable de la région…». L’adjectif est ambigu dans le contexte. Ne serait-il pas préférable d’écrire : « tourisme écologique »?

Des comtés menacés... (2026)

2026-04-24. « … la carte électorale. Mais tout n’est pas joué pour les comtés menacés », Le Journal de Québec, 23 avril, p. 13. Telle est la manchette. L’auteur de l’article, Patrice Bellerose, avait pourtant évité l’anglicisme «comté». Il emploie plutôt l’expression française « circonscription » à cinq occasions dans son court reportage (50 lignes). Les chargés de la rédaction des titres de leur côté, probablement confrontés au problème de l’espace, ont choisi «comté» au lieu de «circonscription», cinq lettres contre quinze. Merveilleux! Cependant, ce faisant, on cède à un anglicisme classique. En principe, un comté serait la propriété d’un comte. Or nos « comtés » ignorent les comtes. Les électeurs sont regroupés à l’intérieur de territoires délimités par l’État, les circonscriptions électorales ou, tout uniment, les circonscriptions. Et ils élisent des députés. En somme, «C’est fausser […] le sens du mot ‘comté’ que de l’employer au sens de ‘circonscription électorale’», comme l’écrit Gérard Dagenais (Dictionnaire des difficultés de la langue…; 1967).

 

Décéder ou mourir ? (2026)

2026-04-27. Les médias craignent de plus en plus le verbe ‘mourir’. On lui préfère «décéder». Pourtant les contextes justifient tantôt l’un et tantôt l’autre. Le Multi dictionnaire (2021) observe à l’article «décéder» : « Ce verbe n’est généralement pas employé lorsqu’il s’agit d’une mort accidentelle ou violente ». On ne décèderait pas dans un accident de voiture ou de chemin de fer, mais on peut y mourir. Jean Darbelnet fit une remarque semblable il y a quatre décennies : « Décéder … ne se dit pas d’une mort violente ou accidentelle […]. Le substantif ‘décès’ a la même tonalité administrative » (Dictionnaire des particularités de l’usage). Et pourtant, on écrit dans le Devoir : « Un mémorial est érigé en hommage aux pilotes d’Air Canada décédés à LaGuardia » (27 avril, p. 2) et « … les attaques d’extrême droite ont été responsables de plus de 90 % des décès » (ibid., p. A5). Il est patent que le verbe «mourir» et le substantif «mort» sont des termes brutaux et qu’on peut leur substituer des équivalents plus euphémistiques. À l’avenir, on décédera au combat! Dans les tranchées, comme dans un lit douillet!

 

Événement de violence (2026)

2026-04-29. Les rédacteurs ou journalistes de l’Agence QMI cèdent souvent aux charmes du mot «événement». À preuve la nouvelle portant « Hausse de la violence dans les écoles du Lac-Saint-Jean » (Le Journal de Québec, 29 avril, p. 24). Le mot y est employé à sept occasions, trois fois sous la forme «événement» et quatre sous celle de «événement de violence…» physique ou verbale. Au premier regard, on constate grâce aux dictionnaires qu’un «événement» est un fait marquant ou des circonstances particulières. Mais en est-on encore là ? quand on relève des «événements de violence» verbale ou physique en grand nombre : 314 événements (!) de violence physique, 566 événements (!) de violence et d’intimidation, etc. Le mot semble avoir perdu le Nord! Pour l’heure toutefois, les répertoires correctifs restent silencieux à son égard. Pas tout à fait cependant, car un problème d’accent se pose : écrit-on «événement» ou «évènement»? Mais la portée du mot semble ignorée.

Pimp? (2026)

2026-04-29. Les Québécois et leurs journalistes ignorent, comme tous les locuteurs du français, nombre de mots des dictionnaires de la langue de sorte qu’il leur arrive fréquemment d’avoir besoin de mots anglais. C’est ce qui est arrivé au titreur du Journal de Québec qui a dû se satisfaire de la manchette «La prison à un ‘pimp’ batteur de femmes» (29 avril, p. 11). Le français possède quand même quelques équivalents alignés par Lionel Meney à l’article «pimp» : « proxénète, souteneur, maquereau, proxo, jules» (Le dictionnaire québécois-français; 1999). Le Grand Robert & Collins ajoute «marlou». Le linguiste Jacques Laurin a aussi affronté l’américanisme «pimp» et lui a trouvé plusieurs concurrents : «souteneur, proxénète, entremetteur, maquereau, mac» (Les américanismes; 2004). Pour sa part, Jean Forest, professeur et linguiste de l’Université de Sherbrooke, ajoute «Mac, marlou, Jules ou jules…» à la liste des équivalents déjà évoqués. C’est dire, en somme, que les professionnels du Journal auraient dû poursuivre un tantinet leur relecture.

La ligne de parti (2026)

2026-04-03. La Société du patrimoine politique du Québec annonce une conférence intitulée «La ligne de parti de la Confédération à nos jour...