2014.12.26. Certains médias semblent sur une pente savonneuse : on lit et on écrit que le jury d’un procès (Branconnier ou Magnotta) est « séquestré » : « Le jury est maintenant séquestré » (R.C., 6 octobre), « Le jury est toujours séquestré » (JDM, 26 décembre). On pourrait croire qu’une bande de malfaiteurs ou l’armée est intervenue et a isolé de force et sous la menace les jurés. On comprend qu’un journaliste puisse faire la faute une fois : il a l’excuse du faux-frère anglais, « jury sequestration ». Mais il devrait se corriger. Des outils correctifs sont à sa portée : le Grand dictionnaire terminologique, le Français au micro. Il ne faudrait pas que l’expression anglaise devienne ce qu’Alain Borer (De quel amour blessé, Gallimard, 2014) appelle un « silure américain », un braconnier du vocabulaire français.
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