2020-08-29. Des lecteurs du Devoir auront peut-être sursauté, comme moi, à la lecture de la manchette «Le climat malsain ne pouvait perdurer plus longtemps au MBAM» (29-30 août, p. B-9). Le verbe eut, il y a très longtemps, le sens de « qui doit durer jusqu’à la fin ». Mais l’usure l’a marqué et il ne signifie plus que «durer encore» ou «persister». Il a été oublié pendant plusieurs siècles et il est réapparu à la fin du siècle dernier. Depuis, il prend la place de «durer». Claude Duneton explique son succès du fait qu’il est vu comme synonyme chic de «durer», qu’il prend une couleur scientifique et qu’il fait technicien (Au plaisir des mots, 2004). Un autre essayiste, Michel Mourlet, note qu’on ne saurait dire «perdurer quelque temps». Il observe: «Associer ‘perdurer’ à 'quelque temps’, c’est à peu près comme si l’on écrivait ‘la voiture fonça lentement dans le mur’ ou ‘l’ivrogne zigzaguait droit devant lui» (Les maux de la langue, 2008). Bref, «perdurer» ne supporte pas un horizon fermé!
lundi 8 février 2021
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