jeudi 7 janvier 2021

Conséquent (2016)

 2016.07.05. Yves Berger a écrit de merveilleux romans sur les États-Unis et l’Ouest du continent. Souvent, on y trouve des passages dans lesquels il montre sa passion pour le bon usage. En voici deux tirés de Santa Fé (Grasset, 2000). Léa dit : « Oui, mais je n’ai pas fait, à New York, un achat assez conséquent ». Et Roque répond : « … on ne doit pas dire conséquent dans le sens où vous l’employez. Ce mot veut dire logique et rien d’autre. Vous avez important, pour exprimer ce que… » … Il avait mis dans sa remarque, son corrigé, toute la gentillesse et l’appréhension que l’on peut espérer du ton d’une voix. Là, il ne savait pas très bien à quoi s’attendre, remarque froissée ou méprisante ou chargée de la volonté de cingler ou faite de mots pour blesser. Peut-être même une gifle (p. 100). Et la seconde. Le narrateur précise que Roque et Léa se trouvent à Chicago « dans Wabush Avenue » et Roque commente : « … "dans" Wabush Avenue, là où la plupart de ses compatriotes, dévoyés par l’anglo-américain, auraient versé dans : "sur" Wabush Avenue sous l’influence de l’expression propre à la langue anglaise : "on" the street, "sur" la rue (p. 110). Les Québécois connaissent les deux fautes. Il est intéressant qu’un écrivain français les identifie dans un roman passionnant.

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