dimanche 3 janvier 2021

Problématique (2016)

 2016.11.13. On passe trop facilement de « problème » à «problématique ». Voici un extrait du Journal de Québec (12 novembre, p. 5) : «Le harcèlement et la violence sexuels… / Près de neuf personnes sur dix croient que ce problème… / ‘Les hommes reconnaissent cette problématique-là…’». Le premier mot est de l’auteur de l’article; le second, d’un témoin. Le glissement se fait en cinq lignes. Les deux mots y sont utilisés comme s’ils étaient des synonymes intégraux. Or ce n’est pas le cas. La problématique est l’art ou la science de poser des problèmes et, également, un ensemble de problèmes qui se posent dans un domaine déterminé. Comme on l’écrit dans le Mutidictionnaire « Ce nom désigne une pluralité de problèmes ». Les mises en garde sont rarissimes. Pourtant, il y a quinze ans, Pierre Bénard, chroniqueur au Figaro, écrivait : « Problématique… fait florès…dans les salons… Il a pour lui son poids de syllabes et puis ce ‘tique’ qui en impose… / … au lieu de dire ‘problématique’, on pourrait dire, neuf fois sur dix, ‘problème’, et ‘problématique’ la dixième fois. La dixième fois…? C’est oublier ‘souci’, ‘ennui’ et ‘préoccupation’ (Petit manuel du français maltraité; Seuil, 2002).

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Place et esplanade (2026)

2026-07-01. Faut-il distinguer une place et une esplanade? La question se pose au moment ou la Ville de Québec invite la population à un con...