2018.09.25. L’État québécois a dépensé presque
deux millions pour faire gommer le mot « amérindiens
» et quelques autres de certains manuels scolaires (Le Soleil, 17 sept., p.
3; ibid.,25 sept., p. 6). La décision est difficile à justifier, peut-être même
injustifiée : le mot est présent dans les dictionnaires et il n’y en n’a pas un
seul qui le dénonce. Il serait apparu en France dans les années 1930. Les
Québécois l’ont adopté les premiers semble-t-il. L’O.Q.L.F. l’a officialisé en
1997. Il n’est pas péjoratif et s’intègre tout naturellement au français
international. Le dérapage du ministère de l’Éducation a quand même un beau
côté : l’État québécois pourrait, en principe, entreprendre l’éradication de
mots comme « détour » (au sens de « déviation »), de « place » (au sens de «
centre commercial » ou d’«immeuble»), de « juridiction » (... « compétences »),
de « pont autoroutier » (...« viaduc »), etc. On peut faire l’hypothèse que
l’Office serait disposé à publiciser les expressions courantes en francophonie
internationale … tout en laissant le temps au temps et sans aller jusqu’à
commander le pilonnage instantané des documents et la destruction des panneaux
routiers qui en portent la trace. Il faut viser le long terme. Telle est
l’attitude de l’Association pour le soutien et l'usage de la langue française,
la seule association québécoise de bénévolat linguistique "obsédée"
par la qualité de la langue (www.asulf.ca).
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire