2026-10-09. Monsieur Marchand, le maire de Québec, a des faiblesses en français. Mais il réussit à inventer des verbes franglais. On reproduit une sienne citation dans le Journal de Québec, laquelle pourrait justifier sa candidature à un prix de l’OQLF ! « … On peut faire une place à 200 000 $ qui va être à refaire dans deux ans. On peut ‘cheaper’ sur tout, mais …» (9 octobre, p. 21, 2e col.). Les mots «lésiner», «économiser», «ménager» ou «réserver» ne convenaient sans doute pas. Dès lors, il faut accepter l’insertion du verbe «cheaper» ou «tchiper» dans le vocabulaire québécois. Le substantif «cheap» a été inventorié et publié par Raoul Blanchard en 1914. Léandre Bergeron l’enregistre sous la forme «tchipe» en 1980. Reste à officialiser le verbe «tchiper» à titre de synonyme de «lésiner»!
dimanche 1 novembre 2026
Opportunités à saisir (2026)
2026-10-10. Le Salon Carrière Formation de Québec publie un rez-de-chaussée publicitaire dans le Journal de Québec : « Des opportunités à saisir, un avenir à construire ! » (10-11 octobre, p. 20). Il y a 40 ans, Jean Darbelnet écrivit au début de son article portant «opportunité» : « À ne pas confondre avec ‘occasion’ […] ‘Opportunité’ signifie caractère opportun…» (Dictionnaire des particularités de l’usage). Et il poursuivit : « Un moyen simple d’éviter cette confusion… est d’avoir présents à l’esprit les verbes qui se combinent avec ‘occasion’ mais non avec ‘opportunité’. Si l’occasion ‘se présente’, on la ‘saisit’, on en ‘profite’, il ne faut pas la ‘manquer’». C’est ainsi qu’en 2026 on peut lire : « Des opportunités à saisir »!
Décéder ou Mourir ? (2026)
2026-10-11. Le Journal de Québec rend compte d’un drame ayant eu lieu à Frampton. Les formules utilisées sont nombreuses : « a péri », « a été sacrifié», «ado décédé», «mort d’un ado», «a été tué par un projectile » (Le Journal…, 10-11 octobre, p. 3). L’une d’elle constitue une impropriété : « l’ado décédé ». On a déjà écrit « Curieux pays, la France! On n’y meurt plus : on y décède (verbe euphémique… ») (Alfred Gilder, Les mots traîtres; 2025). La remarque vaut aussi pour le Québec. Selon le professeur Darbelnet, le verbe «décéder» ne se dit pas d’une mort violente ou accidentelle. Il le précise noir sur blanc dans son classique recueil, Dictionnaire des particularités de l’usage (Sillery : PUQ, 1986). Et c’est faire preuve de sensibilité que de négliger le mot «mort» qui s’imposait dans les circonstances.
Calendriers de l'avant ? (2026)
2026-10-12. Lisez bien : « Si le chocolat reste un classique, les calendriers de l’avent ont maintenant de quoi plaire à tout le monde : produits de beauté, jouets, thés et autres petites découvertes… ». Ce message est publié dans le Journal de Montréal (édition numérique, 12 octobre 2026). On peut subodorer que les rédacteurs ont fait preuve de laxisme lors de la relecture. Les calendriers de l’avant? « … de l’Avant » serait plus limpide. Mais on peut difficilement qualifier les éléments énumérés par la suite de « calendrier ». Tout au plus est-ce une sélection de cadeaux possibles et envisageables. On comprend dès lors la mise en garde du Journal : « La rédaction […] n’a pas participé à la rédaction des contenus ». Aussi, faudrait-il alerter le publicitaire et tâcher d’éviter la répétition de la faute.
Paramédics ? (2026)
2026-10-13. La manchette du Soleil est très exactement : « Ils devraient être paramédics, mais ils sont toujours bloqués aux portes du métier » (13 octobre, 4 h). Les paramédics évoqués ne seraient-ils pas des «paramédecs», «des «paramédicaux», des aides-infirmiers ou même des «paramédics»? En clair : des paramédecins. Comme on a des parachutistes, des parafiscalistes, des paramilitaires … L’expression ‘paramédic», emprunt direct à l’anglais enrichi de l’accent aigu, a une petite allure française. Idéalement, on pourrait souhaiter la graphie «paramédec». Cependant, le souhait arrive trop tard. En Amérique du Nord, le mot anglais domine. La loi du moindre effort conduit à «paramédic», c’est-à-dire à l’adjectif «paramédical», mais non à «paramédec»!
Le ou la Saskatchewan ? (2026)
2026-10-14. Le politonyme «Saskatchewan» est-il masculin? Si on lit la biographie de Mgr Rodrigue Villeneuve que lui consacrer le Dictionnaire biographique du Canada, on constatera qu’on le féminise : « … Villeneuve […] …entretient des relations acrimonieuses avec le premier ministre conservateur de la Saskatchewan… »(DBC, 14 octobre 2026). Les médias font de même. Pourtant, il est des observateurs qui suggèrent le contraire. Par exemple, Gérard Dagenais précise à l’article «Saskatchewan» : « Retenir qu’un nom de fleuve, de rivière ou de pays qui se termine par une consonne est masculin » (Dictionnaire des difficultés de la langue …; 1967). C’est dire qu’en principe, on aurait dû écrire : «… le premier ministre du Saskatchewan», comme on dit … du Québec», du Manitoba ou du Texas». Mais le tyran de la langue qu’est l’usage impose le féminin.
Tournures: Lancer la serviette (2026)
2026-10-15. Nous les Québécois, nous sommes souvent fiers de contribuer à l'évolution de la langue française. Malheureusement, trop souvent, nous traduisons mot à mot des expressions américaines et nous ignorons les équivalents français, ceux relevés dans les médias hexagonaux. Un correspondant montréalais relève la tournure «lancer la serviette» et fait part de ses observations à quatre reporters de Radio-Canada. Celle-ci serait un calque. Lionel Meney la relève et note : «Le québécois a calqué l'expr. 'to throw in the towel'» (Dictionnaire québécois-français; 1999). En France, on s'inspire avant tout de «to throw in the sponge», c'est-à-dire «jeter l'éponge», action de l'entraîneur qui jetait l'éponge au centre du ring à titre de confirmation de la défaite de son protégé. En somme, chacun a son calque! La France: Jeter l'éponge; le Québec: Jeter la serviette.
Risquer de gagner ! (2026)
2026-10-01. La manchette du Journal de Québec est faussement négative. Elle proclame : « Ils risquent de se faire élire… malgré d’anciens ...
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2025-11-27. Le sur-titre « ’Fling-flang’ au PLQ» précède la manchette «L’Upac rencontre Marwah Rizqy» à la Une du Journal de Québec (27 nov...
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2025-09-19. Jusqu’à maintenant, l’expression « fling flang » n’a pas obtenu la moindre place dans les dictionnaires tant d’usage que correct...
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2025.02.28. Vos infos à la source de Québecormédia présente en manchette l'expression «Igloos mobiles…» (28 février). On désigne ainsi...